Aller au contenu
À propos Charte éditoriale Contact

Forum des Commerces.

MenuFermer

Ouvrir un commerce : autorisations, étapes et budget

Ouvrir un commerce ne demande pas d’autorisation générale de la mairie. Certaines situations en exigent une : travaux dans un local recevant du public, enseigne en zone protégée, terrasse sur le trottoir, magasin de plus de 1 000 m². D’autres activités supposent une qualification ou une licence, comme la boulangerie ou la vente d’alcool. Ce guide détaille ces autorisations, les étapes de l’étude de marché à l’ouverture, le budget à prévoir et le choix entre création, reprise et franchise.

Forum des Commerces ne publie plus d’annonces de cession. Cette rubrique réunit notre guide complet et nos articles sur ce secteur. Pourquoi ce changement

Faut-il une autorisation de la mairie pour ouvrir un commerce

Non, il n’existe pas d’autorisation générale. L’immatriculation de l’entreprise suffit pour exercer la plupart des activités commerciales. Plusieurs autorisations particulières restent à vérifier.

SituationAutorisationAuprès de qui
Travaux d’aménagement d’un local recevant du publicAutorisation de travaux, sécurité et accessibilitéMairie
Modification de la façade ou de la vitrineDéclaration préalable de travauxMairie
Enseigne, selon la commune ou le secteur protégéAutorisation d’enseigneMairie
Terrasse ou étalage sur le trottoirPermis de stationnement, avec redevanceMairie
Magasin de plus de 1 000 m² de surface de venteAutorisation d’exploitation commercialeCommission départementale d’aménagement commercial
Vente d’alcool à emporterLicence à emporter, formation pour la vente entre 22 h et 8 hMairie
Vente ambulante hors de la commune du siègeCarte de commerçant ambulantCCI ou chambre de métiers
Commerce de denrées d’origine animaleDéclaration d’activitéDirection départementale de la protection des populations

Pour l’alcool, notre guide sur la licence de vente d’alcool à emporter détaille la déclaration et la formation de nuit. Pour un commerce sur roues, notre guide sur la restauration ambulante présente la carte et les emplacements.

Certains métiers exigent aussi une qualification professionnelle, vérifiée à l’immatriculation : boulanger, boucher, coiffeur, réparateur automobile. Un commerce alimentaire ne peut pas vendre de tabac, qui reste réservé aux débits de tabac agréés.

Les étapes pour ouvrir un commerce

  1. Définir le concept : produits, clientèle visée, prix, différence avec la concurrence.
  2. Étudier la zone de chalandise : population, revenus, flux de passants, concurrents.
  3. Bâtir le prévisionnel : chiffre d’affaires attendu, marge, charges, seuil de rentabilité.
  4. Trouver le local et négocier le bail commercial.
  5. Choisir le statut juridique et immatriculer l’entreprise sur le guichet unique de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle).
  6. Obtenir le financement : apport, prêt bancaire, prêt d’honneur.
  7. Réaliser les travaux et demander les autorisations nécessaires.
  8. Choisir les fournisseurs, la caisse et le terminal de paiement.
  9. Préparer l’ouverture : affichage des prix, assurances, communication locale et fidélisation des clients.

Notre rubrique pour créer et gérer un commerce détaille chaque étape. Après l’ouverture, notre rubrique Développer son commerce prend le relais.

Étudier sa zone de chalandise avec des données publiques

L’emplacement décide d’une grande partie du chiffre d’affaires. Avant de signer un bail, chiffrez la zone que vos clients parcourent à pied ou en voiture. Un bail dérogatoire de courte durée, limité à trois ans, permet aussi de tester un emplacement.

Plusieurs sources gratuites existent :

  • l’INSEE publie la population, l’âge et les revenus par commune et par quartier ;
  • la base Sirene permet de recenser les commerces concurrents par activité ;
  • le Bodacc publie les ventes et les fermetures de fonds de commerce, utiles pour repérer les emplacements qui tournent ;
  • la chambre de commerce et d’industrie (CCI) propose souvent des études de flux et de vacance commerciale.

Complétez par une observation sur place : comptage des passants à plusieurs heures, stationnement, commerces voisins qui attirent du monde.

Créer, reprendre ou rejoindre une franchise

CréationRepriseFranchise
ClientèleÀ construireExistanteNotoriété de l’enseigne
InvestissementAménagement completPrix du fondsDroit d’entrée et aménagement imposé
LibertéTotaleTotaleEncadrée par le contrat
Risque principalMontée en charge lenteComptes surévaluésRedevances et dépendance au réseau

La reprise offre des comptes réels, ce qui facilite le financement. Une société en difficulté se reprend aussi, parfois par une reprise d’une société pour 1 euro, mais avec ses dettes. La création laisse une liberté totale sur le concept et l’emplacement. La franchise apporte une méthode et des achats groupés, contre des redevances : notre guide sur les avantages et inconvénients d’ouvrir une franchise en fait le bilan. Nos guides sur la reprise et sur la franchise détaillent chaque voie.

Le budget pour ouvrir un commerce

Le budget varie surtout selon l’activité et le local. Les postes reviennent dans tous les projets :

  • le local : dépôt de garantie, éventuel pas de porte ou droit au bail ;
  • les travaux : vitrine, électricité, accessibilité, sécurité incendie ;
  • l’équipement : mobilier, caisse, terminal de paiement, froid pour l’alimentaire ;
  • le stock de départ ;
  • la trésorerie des premiers mois, pendant que la clientèle se constitue ;
  • les frais d’immatriculation, d’assurance professionnelle et d’expert-comptable.

Pour un commerce repris, le prix du fonds remplace une partie de ces postes. Les barèmes professionnels varient beaucoup selon l’activité : de 35 à 90 % du chiffre d’affaires pour le prêt-à-porter, de 60 à 145 % pour l’alimentation générale. Pour un commerce de bouche, notre guide pour ouvrir une boucherie détaille la marge et les règles sanitaires, et notre guide sur le budget d’une librairie le poids du stock. Pour l’alimentation générale, voyez notre guide pour ouvrir une épicerie ou pour ouvrir une supérette. Pour un service de quartier, voyez notre guide pour ouvrir un pressing.

Les aides pour ouvrir un commerce

  • L’aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise (Acre) allège les cotisations sociales de la première année, sous conditions.
  • Les demandeurs d’emploi peuvent percevoir leur allocation ou en demander une partie en capital, selon leur situation.
  • Les prêts d’honneur des réseaux d’accompagnement financent l’apport, à taux zéro.
  • Les régions, les intercommunalités et certaines mairies aident l’installation en centre-ville ou en zone rurale, parfois avec un loyer réduit.

Renseignez-vous auprès de la CCI et de votre mairie avant de boucler le plan de financement.

Avant d’ouvrir un commerce

  • Vérifier les autorisations propres à l’activité et au local.
  • Chiffrer la zone de chalandise et la concurrence.
  • Bâtir un prévisionnel avec un seuil de rentabilité.
  • Lire le bail : destination, durée, charges et taxe foncière, travaux.
  • Prévoir la trésorerie des six premiers mois.
  • Choisir une caisse adaptée à la facturation électronique.

Sources

  1. Entreprendre.Service-Public.fr, « Ouvrir un commerce de détail alimentaire », fiche F23571.
  2. Code de commerce, article L. 752-1 (autorisation d’exploitation commerciale).
  3. Code de la construction et de l’habitation, règles applicables aux établissements recevant du public.
  4. Xval, barèmes d’évaluation, 25 mars 2024.

Une information vous semble inexacte ou datée ? Signalez une erreur à la rédaction.

Tous nos guides boutiques

Questions fréquentes

Faut-il une autorisation de la mairie pour ouvrir un commerce ?

Pas d’autorisation générale. La mairie intervient pour les travaux, l’enseigne, la terrasse ou la vente d’alcool.

Quelles sont les démarches pour ouvrir un commerce ?

Étude de marché, prévisionnel, local et bail, statut et immatriculation, financement, travaux et autorisations, puis ouverture.

Peut-on ouvrir un commerce sans apport ?

C’est difficile mais possible avec un prêt d’honneur, un crédit-vendeur en reprise ou des aides locales.

Quel commerce ouvrir dans un village ?

Les commerces de première nécessité, comme l’épicerie, la boulangerie ou le multiservice, souvent soutenus par la commune.