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Ouvrir un salon de coiffure : diplôme exigé, budget et reprise

Pour ouvrir un salon de coiffure, la loi exige qu’un professionnel qualifié contrôle l’activité en permanence. Il doit détenir un brevet professionnel ou un brevet de maîtrise, selon le Code de l’artisanat. Le propriétaire du salon peut donc être sans diplôme, s’il emploie ou s’associe avec une personne qualifiée présente au salon. Le CAP permet de coiffer, mais pas de diriger seul un salon. Ce guide détaille ces règles, le budget d’ouverture, la reprise d’un salon existant et les démarches.

Forum des Commerces ne publie plus d’annonces de cession. Cette rubrique réunit notre guide complet et nos articles sur ce secteur. Pourquoi ce changement

Quel diplôme pour ouvrir un salon de coiffure

L’article R. 121-2 du Code de l’artisanat, en vigueur depuis le 1er juillet 2023, fixe la règle. La personne qui exerce la coiffure en salon, ou qui encadre des personnes non qualifiées, doit détenir :

  • un brevet professionnel (BP) ou un brevet de maîtrise (BM) de coiffure ;
  • ou un diplôme ou titre de niveau égal ou supérieur, enregistré au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

Le salon doit être placé sous le contrôle effectif et permanent de cette personne. Elle peut être le gérant, un salarié, un associé ou le conjoint collaborateur. Le contrôle suppose une présence réelle aux heures d’ouverture, pas un nom inscrit sur un registre.

Service-Public mentionne aussi une reconnaissance de trois ans d’expérience professionnelle. Elle passe par la chambre de métiers et de l’artisanat (CMA).

Ma situationCe que je peux faire
Titulaire du BP ou du BMOuvrir et diriger un salon
Titulaire du CAP seulementCoiffer en salon sous le contrôle d’un titulaire du BP, ou exercer à domicile
Sans diplômeOuvrir un salon en employant ou en s’associant avec un titulaire du BP présent au salon
Coiffure à domicileLe CAP suffit

Peut-on ouvrir un salon de coiffure sans diplôme

Oui, à une condition. Le propriétaire sans diplôme confie le contrôle de l’activité à une personne qualifiée, présente de façon effective et permanente. Ce schéma est courant chez les investisseurs et dans certaines franchises.

Il crée une dépendance. Si le coiffeur qualifié part, le salon doit le remplacer rapidement pour rester en règle. Prévoyez cette situation dès le recrutement, en appliquant la convention collective de la coiffure, et dans les statuts, si la personne est associée.

Point de vigilance

Exercer sans qualification expose à une amende administrative pouvant atteindre 7 500 €, selon Service-Public. L’usurpation d’un titre professionnel est un délit puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.

Ouvrir un salon avec un CAP

Le CAP de coiffure est le premier diplôme du métier. Il permet de coiffer en salon sous le contrôle d’un titulaire du BP, et d’exercer seul à domicile. Il ne permet pas, à lui seul, de diriger un salon.

Un titulaire du CAP qui veut ouvrir son salon a deux voies. Il peut préparer le BP, souvent en alternance sur deux ans. Il peut aussi s’associer avec un titulaire du BP ou en recruter un.

Créer un salon ou en reprendre un

CréationReprise
ClientèleÀ construireExistante, mais attachée aux coiffeurs
LocalÀ aménager entièrement : bacs, évacuations, électricitéDéjà équipé, parfois à rénover
PrixTravaux et équipementPrix du fonds, souvent 50 à 120 % du chiffre d’affaires selon les barèmes
RisqueMontée en charge lenteDépart de la clientèle avec l’ancien coiffeur

En coiffure, la clientèle suit souvent la personne plus que le lieu. Avant de reprendre, vérifiez qui réalise le chiffre d’affaires. Si le cédant coiffe seul la moitié de la clientèle et part, la valeur réelle du fonds baisse d’autant. Négociez un accompagnement du vendeur pendant quelques semaines et une clause de non-concurrence.

Pour le cédant, notre guide sur l’impôt sur la plus-value chiffre la vente. Les annonces de salons à vendre paraissent sur les sites de cession, chez les fournisseurs de produits et dans les bourses d’entreprises des chambres de métiers. Vérifiez aussi les clauses de non-concurrence des coiffeurs en place : notre guide sur la convention collective coiffure explique leurs conditions de validité.

Le budget pour ouvrir un salon de coiffure

Le budget dépend surtout du local et de l’option choisie. Les postes à chiffrer sont toujours les mêmes :

  • le local : dépôt de garantie, éventuel droit au bail ou pas de porte ;
  • les travaux : plomberie pour les bacs, électricité, ventilation, accessibilité ;
  • l’équipement : fauteuils, bacs, miroirs, séchoirs, caisse ;
  • le stock de produits techniques et de revente ;
  • la trésorerie des premiers mois.

Pour une reprise, le prix du fonds remplace une partie des travaux. Selon les barèmes professionnels repris par Xval, un salon vaut de 50 à 120 % de son chiffre d’affaires annuel hors taxes. Un salon qui réalise 150 000 € vaudrait donc de 75 000 € à 180 000 €. Exemple fictif.

Les démarches pour ouvrir un salon

  1. Vérifier la qualification, la vôtre ou celle de la personne qui assurera le contrôle.
  2. Choisir le statut juridique. La micro-entreprise reste possible, mais elle limite le chiffre d’affaires et la déduction des charges.
  3. Trouver le local et vérifier que la destination du bail autorise la coiffure.
  4. Immatriculer l’entreprise au registre national des entreprises. La CMA vérifie la qualification à cette occasion.
  5. Respecter les règles des établissements recevant du public : sécurité incendie et accessibilité.
  6. Afficher les prix des prestations, à l’intérieur et à l’extérieur du salon.

Ouvrir un institut de beauté

L’esthétique obéit à une logique proche. Les soins esthétiques sont réservés aux personnes qualifiées, ou réalisés sous le contrôle effectif et permanent de l’une d’elles. Notre guide dédié à l’ouverture d’un institut de beauté détaille les diplômes, le budget et le matériel.

Avant d’ouvrir ou de reprendre un salon

  • Vérifier qui détient le BP ou le BM et sa présence au salon.
  • Pour une reprise, identifier qui réalise le chiffre d’affaires.
  • Obtenir trois ans de comptes et le fichier clients.
  • Lire la destination et la durée du bail.
  • Chiffrer travaux, équipement et trésorerie.
  • Prévoir l’accompagnement du cédant et une clause de non-concurrence du vendeur.

Sources

  1. Code de l’artisanat, article R. 121-2, version en vigueur depuis le 1er juillet 2023 (décret n° 2023-500 du 22 juin 2023).
  2. Entreprendre.Service-Public.fr, « Coiffeur en salon : conditions d’accès et d’exercice », fiche F39127, vérifiée le 21 février 2026.
  3. Entreprendre.Service-Public.fr, « Coiffeur à domicile », fiche F36829.
  4. Xval, barèmes d’évaluation, 25 mars 2024.

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Questions fréquentes

Peut-on ouvrir un salon de coiffure sans diplôme ?

Oui, si une personne titulaire du brevet professionnel ou de maîtrise contrôle l’activité de façon effective et permanente au salon.

Peut-on ouvrir un salon de coiffure avec un CAP ?

Pas seul. Le CAP permet de coiffer sous contrôle d’un titulaire du BP ou d’exercer à domicile.

Quel diplôme faut-il pour diriger un salon de coiffure ?

Un brevet professionnel ou un brevet de maîtrise de coiffure, ou un titre équivalent enregistré au RNCP.

Peut-on ouvrir un salon en auto-entrepreneur ?

Oui, sous réserve de la qualification. Le régime limite toutefois le chiffre d’affaires et la déduction des charges.

Combien coûte un salon de coiffure à reprendre ?

Souvent de 50 à 120 % du chiffre d’affaires annuel hors taxes selon les barèmes, à confronter à la rentabilité.