Qui peut devenir buraliste
L’administration des douanes fixe les conditions personnelles. Le candidat doit :
- être majeur et de nationalité française, européenne ou suisse ;
- avoir un casier judiciaire vierge (bulletin n° 2) et jouir de ses droits civiques ;
- être à jour de ses obligations fiscales et douanières sur les trois dernières années ;
- ne pas gérer un autre débit de tabac.
Deux formes d’entreprise sont admises : l’entreprise individuelle et la société en nom collectif (SNC). Dans une SNC, les associés sont des personnes physiques et le gérant du débit détient la majorité des parts. Depuis octobre 2025, l’entreprise individuelle peut être cotitulaire avec le conjoint ou le partenaire de pacte civil de solidarité (Pacs).
Le buraliste doit être propriétaire du fonds de commerce, sauf exceptions en zone rurale. Il exploite personnellement le débit, au moins trois ans.
La présence au comptoir et les incompatibilités
Le buraliste assure lui-même une part importante de l’ouverture. Depuis octobre 2025, sa présence minimale atteint 60 % des heures d’ouverture hebdomadaires. Il ne peut pas exercer une autre activité professionnelle pendant ces heures.
Cette règle pèse sur le projet de vie. Un débit ouvert 70 heures par semaine suppose au moins 42 heures de présence du titulaire. Les remplaçants et les salariés couvrent le reste.
Reprendre un tabac ou en ouvrir un nouveau
Deux voies existent, de poids très inégal.
| Reprise d’un débit existant | Création d’un nouveau débit | |
|---|---|---|
| Principe | Achat du fonds d’un buraliste qui part | Réponse à un appel à candidatures des douanes |
| Fréquence | Voie la plus courante | Rare, publiée dans la presse régionale |
| Coût d’entrée | Prix du fonds | Fonds à créer de zéro |
| Décision | Agrément des douanes | Choix des douanes parmi les candidats |
Dans les deux cas, le dossier se dépose auprès du service régional des douanes. L’administration dispose de quatre mois pour répondre. Son silence au-delà vaut refus.
Le parcours du repreneur, étape par étape
- Trouver un débit à reprendre. Les cabinets spécialisés, les annonces et la fédération départementale des buralistes diffusent les cessions. Notre guide pour reprendre un commerce détaille les étapes communes.
- Analyser les comptes et les relevés de remises, puis négocier le prix.
- Signer un compromis avec des conditions suspensives : agrément des douanes, prêt bancaire et, si besoin, agréments de jeux.
- Déposer la candidature auprès des douanes.
- Suivre la formation initiale obligatoire.
- Signer le traité de gérance avec l’État, puis la vente définitive.
- Déposer les demandes d’agrément auprès de la FDJ et du PMU.
Point de vigilance
Les agréments de la FDJ (Française des Jeux) et du PMU (Pari mutuel urbain) ne suivent pas le fonds. Nos guides pour devenir détaillant FDJ et pour devenir point PMU détaillent ces démarches. Le repreneur dépose ses propres demandes, que les opérateurs peuvent refuser. Si les jeux pèsent dans le chiffre d’affaires, faites de leur obtention une condition suspensive.
La formation initiale du buraliste
La formation initiale dure trois à quatre jours. Deux organismes agréés la facturent 620 € TTC et 632,50 € HT. Elle porte sur la réglementation du monopole, la santé publique, l’approvisionnement, la rémunération du buraliste et la gestion du commerce. Le gérant, ses suppléants et les associés de la SNC la suivent avant de signer le contrat de gérance.
Une formation continue s’ajoute ensuite. Elle doit être suivie dans les six mois qui précèdent chaque renouvellement triennal du traité de gérance. Depuis le 1er octobre 2025, l’absence de formation continue peut entraîner la fermeture provisoire du débit. Notre guide sur la formation des buralistes détaille les organismes, les tarifs et les dates.
Combien coûte un bureau de tabac
Le prix dépend surtout des remises tabac et de la rentabilité du fonds. Deux repères circulent dans la profession :
- de 2 à 4 années de remise nette sur le tabac, selon les barèmes professionnels repris par Xval ;
- de 3 à 4 fois l’excédent brut d’exploitation (EBE) retraité, selon CAP Transactions.
Pour un débit qui réalise 600 000 € de ventes de tabac, la remise nette atteint 50 100 € par an. Le barème situe alors le fonds entre 100 000 € et 200 000 €, hors bar et hors presse. Un bar-tabac suppose en plus une licence 4. Exemple fictif.
À ce prix s’ajoutent le stock, les frais d’acte, les droits d’enregistrement et souvent des travaux. Notre guide présente les trois méthodes d’évaluation et un simulateur. Côté vendeur, notre simulateur de plus-value de cession estime l’impôt sur la vente, et notre calculateur de la retraite des buralistes l’allocation du régime tabac.
Combien gagne un buraliste
Le buraliste vit de commissions. Il garde 8,35 % du prix de vente du tabac. Il touche de 4 à 6 % des mises FDJ, environ 2 % des enjeux PMU et de 13 à 15 % des ventes de presse. Selon le ministère des Comptes publics, la remise tabac moyenne atteignait 68 000 € par débit en 2024.
Ce montant n’est pas un revenu. Salaires, loyer, emprunt et charges viennent en déduction. Notre guide sur les revenus du buraliste détaille chaque taux et propose un simulateur.
Financer la reprise et les aides de l’État
Les banques financent la reprise d’un tabac sur la base des comptes du vendeur et de l’apport du repreneur. Les relevés de remises tabac rassurent les prêteurs, car ils sont réguliers et vérifiables. Notre simulateur de prêt professionnel monte le plan de financement.
L’État soutient aussi la transformation des débits. Un fonds de transformation finance de 30 à 50 % des travaux de modernisation, jusqu’à 33 000 €. Une aide à la sécurisation finance des équipements de protection. Une aide forfaitaire annuelle soutient les débits situés dans certaines zones. Le budget total de ces aides avoisine 60 millions d’euros par an, selon le ministère.
Les obligations au quotidien
- S’approvisionner uniquement auprès des fournisseurs agréés.
- Vendre au prix fixé par arrêté publié au Journal officiel.
- Interdire la vente de tabac aux mineurs et vérifier l’âge en cas de doute.
- Respecter les horaires de présence et l’enseigne réglementaire, la « carotte ».
- Renouveler le traité de gérance tous les trois ans, après la formation continue.
Avant de reprendre un tabac
- Vérifier ses conditions personnelles et la forme juridique prévue.
- Obtenir les relevés de remises tabac, FDJ, PMU et presse sur trois ans.
- Estimer la valeur par les remises, l’EBE et les ventes comparables.
- Prévoir les conditions suspensives : douanes, prêt, agréments de jeux.
- Calculer la présence de 60 % sur l’amplitude d’ouverture.
- Réserver une place en formation initiale.
Sources
- Entreprendre.Service-Public.fr, « Devenir buraliste », fiche F23602.
- douane.gouv.fr, « Devenir débitant de tabac : conditions pour être débitant de tabac » et « Formation pour la vente au détail des tabacs manufacturés ».
- Décret n° 2010-720 du 28 juin 2010 relatif à l’exercice du monopole de la vente au détail des tabacs manufacturés.
- Service-Public.fr, « Débit de tabac : rémunération », fiche F32739, vérifiée le 5 février 2026.
- Ministère des Comptes publics, réponse au sénateur Jean-Baptiste Blanc publiée le 29 janvier 2026, via La Revue des tabacs.
- Xval, barèmes d’évaluation, 25 mars 2024 ; CAP Transactions, 27 mai 2025.
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