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Local commercial

Assurance local commercial : obligations, garanties et prix

L’assurance pour un local commercial protège à la fois le bâtiment, votre aménagement, votre stock et votre responsabilité envers les voisins et les clients. Aucune loi ne l’impose au locataire, mais le bail l’exige presque toujours et le Code civil le rend responsable en cas d’incendie. Encore faut-il savoir qui assure quoi entre le propriétaire et vous. Ce guide détaille le partage entre bailleur et locataire, les garanties utiles, le prix constaté et les pièges de la reprise d’un fonds.

Passants avec parapluies sur un pavé mouillé

À retenir

  • Aucune loi n’impose une assurance pour un local commercial loué, mais presque tous les baux l’exigent.
  • En cas d’incendie, le locataire est présumé responsable des dommages au local.
  • Une multirisque professionnelle coûte en moyenne 850 € par an, selon le courtier Orus.
  • Après une catastrophe naturelle, une franchise de 10 % des dommages, et au moins 1 140 €, reste à votre charge.

Qui doit assurer un local commercial ?

Le bailleur et le locataire assurent chacun une partie du risque. Le bail commercial fixe le partage : lisez sa clause « assurances » avant de demander des devis.

ÉlémentEn général, assuré parPourquoi
Murs, toiture, structureBailleurIl est propriétaire du bâtiment
Responsabilité du locataire envers le bailleur (risques locatifs)LocatairePrésomption de responsabilité en cas d’incendie
Aménagements, agencement, vitrine installés par le locataireLocataireIls lui appartiennent pendant le bail
Stock, matériel, mobilierLocataireIls lui appartiennent
Responsabilité civile envers les clients et les tiersLocataireElle naît de l’exploitation
Perte d’exploitationLocataireElle compense la baisse de résultat après un sinistre
Responsabilité civile du copropriétaireBailleurObligatoire en copropriété depuis 2014
Sources : Code civil, articles 1732 à 1735 ; loi du 10 juillet 1965, article 9-1. Vérifié le 3 octobre 2026.

En copropriété, l’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 oblige chaque copropriétaire, occupant ou non, à s’assurer en responsabilité civile. Cette obligation vise le bailleur, pas le locataire.

L’assurance du local commercial est-elle obligatoire ?

Pour le locataire, aucune loi ne l’impose, à la différence d’un logement. L’obligation vient presque toujours du bail. La clause type demande une attestation d’assurance à la signature, puis chaque année.

La loi pousse pourtant à s’assurer. L’article 1733 du Code civil présume le locataire responsable d’un incendie. Pour y échapper, il doit prouver un cas fortuit ou de force majeure, un vice de construction ou un feu venu d’un bâtiment voisin. Sans assurance, la reconstruction reste à sa charge.

Certaines activités imposent en plus une assurance de responsabilité civile professionnelle obligatoire, comme les métiers du bâtiment pour leur garantie décennale. Pour un commerce de détail, elle reste facultative mais fortement conseillée.

La clause de renonciation à recours

Beaucoup de baux contiennent une clause de renonciation à recours. Le bailleur et son assureur renoncent à poursuivre le locataire en cas d’incendie, de dégât des eaux ou d’explosion. Le locataire renonce souvent de son côté à poursuivre le bailleur.

Cette clause change ce que vous devez assurer. Si le bailleur renonce à tout recours, vos risques locatifs pèsent moins. Votre assureur doit le savoir : transmettez-lui le bail. La clause ne joue pas en cas de faute intentionnelle ou dolosive.

Les garanties d’une multirisque professionnelle

La multirisque professionnelle regroupe plusieurs garanties dans un seul contrat. Comparez les devis garantie par garantie :

  • Incendie, explosion, dégât des eaux. Le socle, sur les biens et les risques locatifs.
  • Vol et vandalisme. Vérifiez les conditions : rideau métallique, alarme, coffre.
  • Bris de glace. Utile pour une vitrine.
  • Responsabilité civile d’exploitation. Les dommages causés aux clients et aux tiers dans le local.
  • Perte d’exploitation. Elle compense la marge perdue pendant la fermeture après un sinistre. Sa durée d’indemnisation, souvent 12 mois, compte autant que son montant.
  • Bris de machine et marchandises périssables. Pour une chambre froide ou un four.
  • Catastrophes naturelles. Incluses d’office dans tout contrat qui couvre les dommages aux biens.

Une catastrophe naturelle reconnue par arrêté laisse une franchise légale à votre charge : 10 % des dommages pour des biens professionnels, avec un minimum de 1 140 €. Ce minimum passe à 3 050 € pour les dégâts liés à la sécheresse (article A125-1 du Code des assurances).

Combien coûte une assurance pour un local commercial ?

Les prix dépendent de l’activité, de la surface, de la valeur du stock et de la localisation. Voici deux sources côte à côte.

ActivitéOrus (2026)assurance-local-professionnel.fr (2026)
Prix moyen tous secteurs850 € par an
Prix d’entréeÀ partir de 300 € par an, sans option
Boutique, commerce de 30 à 150 m²25 € à 120 € par mois
Restaurant, bar de 50 à 200 m²40 € à 150 € par mois
Salon de coiffure ou d’esthétique25 € à 80 € par mois
Ces deux sites vendent ou comparent des assurances. Prenez leurs chiffres comme des repères et demandez au moins trois devis.

Orus signale que les activités à risque, comme la bijouterie ou la laverie, peuvent coûter jusqu’à 30 % de plus. La franchise choisie fait aussi varier la prime : une franchise élevée baisse la cotisation, mais laisse les petits sinistres à votre charge.

Quand assurer son local commercial ?

Au plus tard le jour de la remise des clés. Le bailleur réclame l’attestation à la signature du bail ou à l’entrée dans les lieux, en même temps que les éventuelles garanties du bail. L’état des lieux d’entrée, établi le même jour, fait partie des annexes obligatoires du bail. Les risques commencent dès les travaux d’aménagement, avant même l’ouverture.

Prévenez votre assureur à chaque changement : travaux, nouvelle activité, hausse du stock, installation d’une cuisine. Une déclaration incomplète peut réduire l’indemnité en cas de sinistre. Des travaux d’aménagement passent en outre par une autorisation au titre des règles de sécurité incendie.

Reprendre un fonds : que devient l’assurance du vendeur ?

Lors de la reprise d’un commerce, le contrat d’assurance des biens vendus passe automatiquement à l’acheteur (article L. 121-10 du Code des assurances). L’acheteur, comme l’assureur, peut toutefois le résilier.

Demandez la copie du contrat avant la signature. Vérifiez qu’il couvre bien votre activité, vos aménagements et votre stock. Comparez-le à d’autres devis : un contrat souscrit il y a dix ans est rarement adapté. Notre guide sur la cession de fonds de commerce détaille les autres vérifications.

Point de vigilance

Une activité mal déclarée peut faire refuser une indemnisation. Un restaurant assuré comme une simple boutique, par exemple, n’est pas couvert pour un feu de cuisine.

Avant de souscrire une assurance pour votre local

  • Lire la clause « assurances » et la clause de renonciation à recours du bail.
  • Lister ce qui vous appartient : aménagements, matériel, stock.
  • Estimer la marge perdue en cas de fermeture de plusieurs mois.
  • Demander au moins trois devis avec les mêmes garanties et les mêmes franchises.
  • Vérifier les exclusions et les conditions de la garantie vol.
  • Transmettre l’attestation au bailleur avant l’entrée dans les lieux.

Questions fréquentes

Qui doit assurer un local commercial ?

Le bailleur assure les murs, le locataire ses risques locatifs, ses biens et sa responsabilité civile. Le bail précise ce partage.

L’assurance d’un local commercial est-elle obligatoire ?

Aucune loi ne l’impose au locataire, mais la quasi-totalité des baux l’exigent. Le Code civil le présume aussi responsable en cas d’incendie.

C’est quoi une assurance multirisque professionnelle ?

Un contrat qui regroupe les dommages aux biens, la responsabilité civile et, en option, la perte d’exploitation.

Combien coûte l’assurance d’un local commercial ?

En moyenne 850 € par an selon le courtier Orus, avec de fortes variations selon l’activité, la surface et le stock.

Quand faut-il assurer son local ?

Au plus tard à la remise des clés, avant les travaux d’aménagement.

Sources

  1. Code civil, articles 1732 à 1735 (responsabilité du locataire, présomption en cas d’incendie).
  2. Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, article 9-1 (assurance de responsabilité civile en copropriété).
  3. Code des assurances, articles L. 121-10 (transfert de l’assurance en cas de vente) et A125-1 (franchise catastrophes naturelles).
  4. Orus, « Quel est le prix d’une assurance multirisque professionnelle ? », 2026.
  5. assurance-local-professionnel.fr, « Prix assurance local professionnel : tarifs par activité », 2026.
Mise à jour du

Contenu vérifié et mis à jour le 9 octobre 2026.

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L’auteur

La rédaction de Forum des Commerces écrit des guides pratiques pour celles et ceux qui reprennent, créent ou gèrent un commerce. Chaque guide cite ses sources et indique sa date de dernière vérification.